Le Club de cyclisme catholique de Placetas et Cienfuegos : pédaler pour la foi

Le Club de cyclisme catholique de Placetas et Cienfuegos : pédaler pour la foi

Tout au long de l’année, les deux clubs de cyclisme de Placetas et Cienfuegos s’entraînent chaque samedi matin dans leur ville respective, dans un esprit de fraternité, de dépassement de soi et de joie.
Fondé il y a une vingtaine d’années, le club, initialement originaire de Placetas, rassemble des participants âgés de 12 à 50 ans, unis par la même passion du sport et le désir de grandir dans la foi. Pour en faire partie, il faut s’engager à suivre le catéchisme et participer à la messe.

Deux grandes « Vueltas » chaque année

Chaque année, deux grandes courses cyclistes sont organisées : la Vuelta de Invierno (d’hiver) et la Vuelta de Verano (d’été).
Le parcours traverse plusieurs villes emblématiques de Cuba : Placetas, Sancti Spíritus, Trinidad, Topes de Collantes, El Nicho et Cienfuegos, avant de revenir à Placetas.
Ces cinq jours de route, où les deux clubs se rassemblent pour traverser la campagne et les montagnes cubaines, constituent un véritable temps de rencontre et de prière.

Pédaler pour grandir dans la foi

Au fil des kilomètres, les cyclistes ne cultivent pas seulement l’endurance physique, mais aussi la force spirituelle. Chaque journée est rythmée par la messe et des temps de prière (rosaire, laudes, vêpres…). Le sport devient ainsi un véritable moyen d’évangélisation, un espace de rencontre et de témoignage de foi.

Le cyclisme, encore peu répandu à Cuba, demande une grande créativité : le manque de matériel et de pièces de rechange pousse chacun à faire preuve d’ingéniosité. Les routes, souvent abîmées, ajoutent un défi supplémentaire, mais aussi une saveur unique à cette aventure.

En union de prière pour les victimes de la tempête Melissa

En union de prière pour les victimes de la tempête Melissa

Apparue le 13 octobre au large des îles du Cap-Vert, la tempête tropicale Melissa a traversé l’Atlantique, parcourant plus de 7 000 kilomètres avant d’atteindre les Caraïbes.
Le 28 octobre, elle a frappé durement la Jamaïque, avec des vents atteignant 280 km/h et des rafales montant jusqu’à 345 km/h — une intensité jamais enregistrée auparavant sur l’île. Le lendemain, Cuba a été touchée à son tour : des rafales de plus de 240 km/h ont balayé le pays, laissant derrière elles des familles endeuillées, des habitations détruites et un paysage profondément meurtri par la force de l’ouragan.

Dans nos missions de Placetas et de Cienfuegos, nous n’avons presque rien ressenti du passage de Melissa : pas de vent violent, ni de pluie. Seul le calme inhabituel des journées suspendues nous rappelait la gravité de la situation ailleurs. Les activités se sont arrêtées, les écoles sont restées fermées toute la semaine, et quelques coupures d’électricité ont ponctué nos journées. Dans cette atmosphère d’attente et de recueillement, nous nous sommes réunis pour prier.

Face à cette épreuve, notre communauté s’est unie dans la foi, récitant ensemble le chapelet à la Vierge de la Charité du Cobre, sainte patronne de Cuba. Dans la confiance et l’espérance, nous avons confié à son intercession les victimes, les familles touchées, et tous ceux qui œuvrent à la reconstruction.

« Seigneur, dans la tempête, sois notre refuge ; dans la douleur, sois notre espérance. »

Convivencia des jeunes : un camp d’été porteur d’espérance

Convivencia des jeunes : un camp d’été porteur d’espérance

Cet été, 120 jeunes venus des paroisses de Placetas, Falcón, Fomento, Báez, Cabaiguán, Guayos et Cienfuegos se sont retrouvés pour une semaine de camp paroissial à Camagüey, dans la maison diocésaine.
Après Matanzas l’an dernier, cette nouvelle édition de la Convivencia a de nouveau rassemblé une jeunesse pleine d’élan et de foi.

Une expérience vécue à fond

Malgré les conditions difficiles – notamment les coupures d’électricité limitées à quatre heures par jour – les jeunes ont été acteurs à part entière de leur camp.
Répartis en équipes mêlant collégiens et lycéens, ils ont appris la cohésion, l’entraide et la responsabilité, dans un esprit inspiré du scoutisme.

Trois piliers ont rythmé la semaine :

  • La prière : messe quotidienne, confessions, temps de prière et de louange.
  • Le jeu : moments de créativité, d’aventure, de sport et de découverte des talents de chacun.
  • La fraternité : repas partagés, services communs et vie ensemble dans la simplicité.

Un modèle de sainteté pour guider la route

Tout au long du camp, les jeunes ont été accompagnés par la figure du bienheureux Padre José Olallo, frère hospitalier de Saint Jean de Dieu.


À travers son exemple, ils ont découvert qu’on peut aimer et servir même dans la pauvreté, et qu’il est possible, pour la jeunesse cubaine, de vivre la sainteté au quotidien, dans la charité et la fidélité.

Alejandro, 23 ans, étudiant en médecine, témoigne :

« Cette convivencia est l’un des moments les plus importants de l’année. C’est une joie immense de transmettre l’espérance et l’amour, et d’oublier quelques jours les difficultés que nous vivons. »

Merci pour votre soutien

Rien de tout cela n’aurait été possible sans la générosité de ceux qui nous soutiennent.
Vos dons ont permis d’héberger et de nourrir tous ces jeunes, de financer les activités, et de pourvoir au matériel nécessaire pour la liturgie, les jeux et la vie commune durant ces six jours de convivencia.
Vous ne financez pas seulement un camp : vous investissez dans la jeunesse cubaine, dans sa formation humaine et spirituelle, et dans une génération appelée à porter la foi et la charité dans notre pays.

Merci du fond du cœur !

Un diacre « made in Cuba »

Un diacre « made in Cuba »

Quelle joie pour notre communauté !

Après trois années passées auprès de la Communauté Saint-Martin à Placetas, puis la fin de son séminaire à Évron, Delvis Heguy, enfant de Placetas et ancien élève de notre internat, est devenu le premier Cubain ordonné diacre dans la Communauté Saint-Martin.

Le 20 juin dernier, la célébration avait lieu à 10 h en France… mais à 4 h du matin à Placetas ! Plusieurs paroissiens s’étaient levés avant l’aube pour suivre l’ordination en direct. Quelques heures plus tard, une messe locale a rassemblé toute la paroisse pour partager cette immense joie.

Durant l’été, nous avons eu la grâce d’accueillir notre nouveau diacre Delvis lors de son passage à Cuba. Les jeunes, surtout, étaient heureux et fiers de célébrer avec lui cette étape si importante avant son départ vers sa nouvelle mission au sanctuaire de Lourdes.

Pour accompagner Delvis dans ce grand moment, deux de ses amis cubains, José Carlos et Ernesto, ont eu la chance de vivre son ordination sur place, en France.

Ce mois de voyage fut riche en découvertes : le Mont-Saint-Michel, les Alpes, Rome, et même la Route Saint Martin Junior avec d’autres jeunes de la Communauté Saint-Martin.

Ils sont revenus remplis de joie et d’inspiration, porteurs d’idées nouvelles pour faire grandir nos groupes de jeunes et la vie paroissiale.

Une véritable bouffée d’air et d’espérance pour toute notre communauté ! 

Placetas : une lumière d’espérance grâce à l’énergie solaire​

Placetas : une lumière d’espérance grâce à l’énergie solaire

Depuis plusieurs mois, Cuba traverse une grave crise énergétique. La raréfaction de l’électricité produite par l’État a transformé une difficulté passagère en une réalité durable.

Cette pénurie pèse lourdement sur le quotidien des habitants : les bonbonnes de gaz atteignent aujourd’hui près de 60 dollars, alors que le salaire moyen ne dépasse pas 12 dollars (environ 6000 pesos).

Sans énergie stable, la vie s’organise au rythme des coupures. Les appareils électroménagers, l’éclairage, la recharge des téléphones dépendent du retour du courant. Dès que l’électricité revient, beaucoup quittent leur travail pour cuisiner, impactant ainsi la vie professionnelle et familiale.

Face à cette situation, certains Cubains ayant la chance de recevoir une aide financière depuis l’étranger investissent dans des batteries ou, pour les plus aisés, dans des panneaux solaires.

De la batterie à l’autonomie solaire

En janvier dernier, notre paroisse a pu acquérir sa première batterie Ecoflow. Puis, en mai, grâce à une collecte réalisée aux États-Unis, nous avons équipé nos lieux de vie de modèles plus puissants.
Mais un défi restait à relever : produire notre propre énergie.

Nos besoins sont considérables — environ 30 kW à Placetas et 20 kW à Cienfuegos — bien au-delà de ce que deux panneaux solaires peuvent fournir. Sans l’avoir prévu ni budgétisé, nous avons donc lancé un projet d’installation solaire.

Les débuts furent difficiles : trois tentatives avec des entreprises locales ont échoué, faute de sérieux et de moyens. Puis, par une belle providence, des rencontres à La Havane ont ouvert une nouvelle voie.

Une lumière dans la nuit

En juin, une opportunité concrète s’est présentée : installer à Placetas 54 panneaux solaires et 3 batteries de quoi assurer une autonomie presque complète, sauf lors de longs épisodes nuageux.

Le 1er septembre 2025, la maison paroissiale a retrouvé une source d’énergie stable. Le soir venu, le clocher brillait à nouveau dans l’obscurité de la ville — un signe d’espérance et de vie retrouvée

Une mission qui continue

Désormais, notre souhait est d’ouvrir encore davantage nos locaux pour accueillir les paroissiens : qu’ils puissent venir recharger leurs batteries, travailler ou étudier dans un lieu lumineux, paisible et fraternel.